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L'Unité de l'expérience

L'observation de soi-même est une activité de l'esprit non conditionnée par les a prioris de l'égo. Sans identification, elle s'élève en notre être lorsque nous cessons de dualiser la réalité en expérimentateur-expérience, observateur-sujet observé.

On ne peut pas parler d'observation de soi-même lorsque notre vigilance se limite à une sorte de retour sur soi qui nous divise en observateur et sujet observé. Car l'observation véritable naît d'une dimension de notre être qui se situe au-delà de la pensée. Il ne s'agit donc pas d'une activité égotique visant à porter un jugement ou une appréciation quelconque sur nos activités internes. Car en faisant cela, nous ne serions pas attentifs à celui qui observe, juge et apprécie. Pour que l'observation soit globale et panoramique, pour qu'elle saisisse d'instant en instant la totalité de ce que nous sommes, une certaine unité est indispensable. La dualité expérimentateur-expérience doit donc disparaître dans la globalité de la vision éclairante.

Il est néanmoins difficile de comprendre vraiment ce qui vient d'être dit. Le mental ne peut saisir que ce qui est de sa propre nature. Il fonctionne sans cesse sur un mode dualiste et perçoit toutes choses comme lui étant extérieures, en se centrant sur un foyer magnétique qu'il identifie comme étant le penseur. Tout est perçu par ce centre qui s'érige lui-même comme étant la seule identité véritable de notre microcosme. Il est donc impossible de faire comprendre à ce penseur que l'observation vraie et globale de soi-même doit cesser de se dualiser en penseur-pensée ou expérimentateur-expérience. Pour le penseur, pour le centre égotique, une telle affirmation reste incompréhensible et insaisissable. Face à un enseignement de ce type, il se rebelle en soulignant le caractère abstrait - voire même impraticable - de cette affirmation. Pourtant, le fait est bien là. La vision éclairante qu'est l'observation de soi-même naît d'une non-dualisation de l'observation. Cela est bien plus qu'une idée abstraite : c'est une vérité pratique. Et si l'égo ne peut en percevoir la profonde vérité, c'est parce qu'il croit qu'il s'agit là d'une idée, d'une théorie cérébrale ; par conséquent, il croit être capable de saisir cette vérité cérébralement alors qu'on ne peut la saisir que par une connaissance directe.

Le penseur ne peut saisir la non-dualité parce qu'il est lui-même une production de la division. Une compréhension réelle de ce qu'est la véritable nature de l'observation globale de soi-même l'obligerait à se mettre au second plan. Il serait forcé d'accepter un lâcher prise qui projetterait la conscience dans un univers sans référence ni repères. Or, le penseur ne peut accepter cela ni a fortiori le comprendre, car il ne peut se maintenir que par l'illusion de la dualité.
Que se passe-t-il pendant que j'écris ces mots ? Que se passe-t-il pendant que vous les lisez ? Avons-nous conscience que quelqu'un est en train de réaliser cette expérience ? Pouvons-nous avoir conscience d'un expérimentateur, en plus de l'expérience elle-même ? Pouvons-nous, au même moment, lire cette phrase et nous penser nous-même en train de la lire ? Pour nous penser nous-même en train de lire, nous nous rendons immédiatement compte qu'il nous faut cesser de lire pendant quelques secondes. La première expérience est celle de la lecture ; la seconde expérience est la pensée : « je suis en train de lire ». Plus encore, pouvons-nous trouver un sujet pensant qui pense cette pensée : « Suis-je en train de lire » ? En d'autres termes, quand on fait l'expérience présente de la pensée : « je suis en train de lire », peut-on se penser soi-même en train de penser cette pensée ? Encore une fois, il faut s'arrêter de penser : « je suis en train de lire ». On accède alors à une troisième expérience qui est celle de la pensée : « je suis en train de penser que je suis en train de lire ».

La rapidité avec laquelle se succèdent toutes ces pensées pourrait nous faire croire que nous les pensons toutes à la fois et au même instant. Mais que se passe-t-il réellement ? A aucun moment nous n'avons pu nous séparer de notre pensée présente ou de notre expérience du moment. La première expérience a été le fait de lire... En essayant de nous penser nous-même en train de lire, nous avons cessé de lire et nous sommes passé à une autre expérience, celle de la pensée : « je suis en train de lire ». Nous n'avons pas pu nous séparer de la première expérience en tant qu'expérimentateur, sans passer à une autre expérience. Quand nous pensions : « je suis en train de lire », nous n'étions déjà plus en train de lire.

Tout ceci nous montre donc qu'à chaque expérience présente, nous ne sommes conscient que de cette expérience. Nous n'avons pas pu séparer le penseur de la pensée, le connaisseur de la connaissance, ou l’expérimentateur de l'expérience. Tout ce que nous avons fait, c'est de voyager extrêmement rapidement par des expériences multiples dont la rapidité nous a fait croire à une forme de simultanéité dans laquelle cohabiterait une dualité expérimentateur-expérience. Or, cette simultanéité est illusoire. Elle est créée par la rapidité avec laquelle procède le mental, ainsi que par notre ignorance ou notre désir secret d'être dupe.

En nous, il n'existe donc rien de tel que l’expérimentateur ou le penseur. Il n'est pas une réalité objective mais une pure illusion créée par un mécanisme étourdissant de rapidité. L'égo n'est pas une entité fixe. C'est un processus d'illusionnement. Certes, il est possible qu'au-delà de tout ceci existe un Etre Réel. Toutefois, nous ne pouvons en prendre connaissance tant que nous restons enfermé dans notre dualité expérimentateur-expérience. Si cet Etre Réel existe, ce ne peut être qu'au-delà du je, du moi et du mien. Ce ne peut être que dans l'insondable.
La notion d'un penseur, d'un égo situé hors de l'expérience, nous vient des jeux subtils de la mémoire et de la rapidité avec laquelle nos pensées se succèdent. C'est comme si l'on faisait tournoyer une torche pour créer l'illusion d'un cercle de feu.
Ceci n'est pas une discussion philosophique. Il est nécessaire de comprendre le phénomène par une attention à ce qui se passe réellement d'instant en instant. Nous devenons alors conscient du fait que tout égo séparé qui penserait des pensées et expérimenterait des expériences n'est que pure illusion. Comprendre cela réellement, non pas au niveau des idées mais par un vécu direct, c'est réaliser qu'il n'y a pas d'égo à protéger et que l'on peut s'ouvrir et découvrir l'espace. Par la claire vision de ce phénomène d'illusionnement, nous nous rendons compte que nous voulons protéger le rien. Alors notre peur peut cesser parce qu'elle est devenue sans objet. Nous pouvons réellement nous ouvrir et lâcher prise. Notre vision de l'instant devient alors unitaire et globale. Rien ne peut plus échapper à cette conscience panoramique et lumineuse.

Nous sommes en train de lire ce texte et soudain l'Instructeur nous interpelle et nous demande : « En ce moment, qui êtes-vous ? ». Comment répondrons-nous à cette question de façon immédiate, sans nous arrêter à chercher nos mots ? Si nous nous arrêtons pour penser, ainsi que nous le faisons toujours, nous pourrons essayer de répondre en nous référant non pas à ce moment précis mais plutôt au passé. Nous répéterons alors notre nom, notre adresse et notre histoire personnelle. Mais la question posée nous demande ce que nous sommes et non ce que nous étions. Car pour être conscient de la réalité, du présent vivant, il faut savoir qu'à chaque moment l'expérience est un tout. Il n'y a rien en dehors d'elle ; il n'y a pas l'expérience d'un égo expérimentant l'expérience. Dans nos moments de plénitude intense, qu'il s'agisse de joie ou de conscience, il ne nous vient généralement pas à l'esprit de dire : « je suis heureux » ou « ceci est ma joie ». Nous ne ressentons au contraire le besoin de nous convaincre que lorsque notre joie n'est plus aussi vive, ou même lorsque nous pressentons avec inquiétude qu'elle est sur le point de se dissiper. Dans ces moments, nous faisons tellement partie intégrante de l'instant que nous ne cherchons pas à comparer cette expérience avec d'autres expériences. Nous n'éprouvons pas le besoin de nommer. Il découle de tout ceci que celui qui se déclare conscient n'est pas conscient et que celui qui dit ou se dit en train de s'observer lui-même ne s'observe pas réellement. Car dans l'observation véritable, il n'y a pas d'observateur personnel. La dualité penseur-pensée ne nous dupe plus et nous nous abandonnons à l'expérience unique de l'observation, au-delà de toute fragmentation.
Nous sommes sans cesse en train de chercher les moyens de sortir des cercles vicieux de l’égo. Mais pendant que nous cherchons à nous échapper, nous ne prenons pas réellement le temps de regarder ce qui se passe en nous. La vérité est que nous cherchons à nous échapper de quelque chose qui n'existe pas. Mais nous sommes tellement occupé à nous échapper que nous n'avons plus le temps de voir et de comprendre, par une saine observation de soi, le processus d'illusionnement égotique. Or, la compréhension de ce processus nous permet de résoudre tous les problèmes qui en dépendent ; la claire vision de la réalité nous révèle que les choses ne sont pas ce que nous croyons. Elle nous montre qu'il n'y a pas de solution parce qu'il n'y a qu'un faux problème. Notre croyance au problème vient de mécanismes qui nous font croire à l’égo comme à une entité solide. Nous sommes tellement angoissé d'être enfermé dans nos cercles vicieux que nous ne percevons pas clairement le processus bien réel qui nous retient prisonnier. Et pendant ce temps, nous continuons à donner prise au pouvoir illusionnant du penseur.
L'angoisse qui nous pousse à sortir du cercle vicieux des mécanismes de la pensée n'est elle-même qu'une pensée. Elle ne nous est d'aucune utilité et ne fait que perpétuer le processus. Au contraire, il est nécessaire de ne pas vouloir fuir et d'observer simplement ce qui se passe en nous, de façon globale. Car c'est souvent par la volonté de fuir que nous dualisons l'expérience en expérimentateur-expérience. Nous caricaturons alors l'attention globale en nous enfermant à chaque fois davantage dans l’égo infini : Une conscience A, pour s'observer, crée une conscience B, consciente de A. Mais cela suppose une conscience C, consciente de B, une conscience D, consciente de C, etc. Pendant ce temps, il n'y a toujours pas d'observation véritable parce que nous nous enfermons dans la division. L'observation véritable n'est ni A ni B ni C ni Y ni Z. Elle naît de cette Conscience Une qui ne se centre pas sur le penseur. Et c'est parce qu'elle ne se fige pas en un point qu'elle est ouverte au Tout dans sa pure globalité.



(Lettre Mensuelle n°15, Centre d'Etudes Hierosophiques,
1991)

Dernière modification le : 08/12/2009 @ 13:18
Catégorie : Le Souffle du Dragon

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