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Renoncement et acceptation


Le troisième aspect de l'entraînement en cinq points se rapporte à la notion d'insaisissabilité. Tout comme l'air est insaisissable et invisible, la nature essentielle de toute chose est totalement inaccessible au mental, au-delà de toute appréhension. La méditation sur la vacuité et l'insaisissabilité de toutes choses constitue la base pratique de ce troisième aspect du travail de l'apprenti.
Cet aspect du travail intérieur est lié à l'air. Symbole de mobilité et de communication, l'air est une représentation générale de l'espace. La méditation de l'inconnaissabilité doit porter l'apprenti à se concevoir comme faisant partie de l'espace plutôt que comme entité séparée de son milieu ambiant. S'il réfléchit profondément à tous les éléments qui le constituent, l'apprenti découvrira qu'il est le pur produit de l'espace et qu'il n'a aucune réalité personnelle. Son corps est produit par l'extérieur, sa pensée est produite par un apprentissage importé dans son système et il n'a aucune réalité indépendante du reste du monde. Tout est en relation avec tout et l'idée d'un moi séparé de l'univers est une vue de l'esprit. Cet aspect du réel nous responsabilise et nous fait comprendre que nous ne sommes pas seuls au monde. Nos actions, pensées et émotions ont des conséquences sur tout le réel. Générant un grand sens de la responsabilité, cette méditation va encore plus loin en remettant en question l'idée même d'une existence séparée et indépendante. Sans les étoiles, je n'existerais pas. Sans le soleil, je n'existerais pas. Sans la terre, l'eau, le feu et l'air, je n'existerais pas.

Sans mon père, ma mère, mes amis, la société et l'humanité tout entière, je n'existerais pas. Moi-même, en tant qu'entité indépendante de l'univers, je n'ai aucune existence. J'ai appris à marcher en voyant les autres marcher, à parler en voyant les autres parler. Si j'avais grandi parmi les loups, je ne saurais ni marcher, ni penser, ni parler. Tout ce que je suis m'a été communiqué par l'espace extérieur. Dans ces conditions, parler d'une libération personnelle est une aberration. Je ne puis être libre si le reste de l'univers reste prisonnier. La profondeur de cette méditation doit conduire 1'apprenti au renoncement total aux fruits de sa pratique. La libération personnelle est un mythe et l'ego ne peut espérer se libérer. Un renoncement total à ce rêve enfantin du matérialisme spirituel doit avoir lieu, grâce aux pratiques et techniques propres à cet aspect du travail d'apprenti. Un adieu définitif doit être fait aux faux espoirs de libération et aux promesses de Lumière. Car sur le chemin de l'initiation, il n'est fait aucune promesse à l'ego et aucun espoir ne lui est donné. Toutefois, le renoncement n'est possible que dans la mesure où le principe de l'insaisissable a été parfaitement intégré. Le moi est une notion insaisissable dans le sens où il n'existe rien de tel qu'un ego susceptible de vivre indépendamment du reste de l'univers. L'air est l'espace communicationnel qui donne cohérence au Tout. Il n'y a aucune réalité indépendante, et la nature même du Tout est inconnaissable et impalpable. L'apprenti est donc conduit au renoncement par une compréhension très claire de la nature vide de l'ego. Il ne lui suffit pas d'affirmer haut et fort que le vieil homme est impuissant à faire quoi que ce soit pour se libérer. En effet, l'expérience montre qu'en dépit de ces belles affirmations, l'élève continue de se faire croire en une possibilité de libération personnelle, même après des années de pratique. C'est pourquoi il convient également de vivre en profondeur cette vérité de l'absence de promesse et d'espoir pour les valeurs égotiques. L'ego ne peut être libéré ni sauvé, tout simplement parce que l'ego n'a pas de réalité objective. De plus, l'apprenti est non seulement conduit à renoncer à la libération personnelle, mais il prend également conscience de la nécessité de participer au monde et de contribuer par le service désintéressé à l'affranchissement de tous ses frères en humanité. Se sentant responsable et solidaire du monde, l'apprenti renonce à travailler pour lui-même et oriente l'intention de sa quête vers le bien de tous les êtres vivants, dans une démarche se caractérisant par une absence totale d'attente personnelle de récompense spirituelle.

Un aspect non négligeable du travail de ce niveau est constitué par la compréhension très complète du caractère ouvert et inconnaissable de toutes choses. Une appréhension très claire de ce principe conduit au renoncement complet des prétentions spirituelles du moi qui ne peut ni savoir, ni saisir le réel par le biais de ses projections mentales. Cette inconnaissabilité est pleinement acceptée comme faisant partie de la nature même du réel. Si le travail de ce niveau est conduit avec beaucoup de sérieux, on aboutit nécessairement au renoncement à celui qui renonce et à l'inconnaissabilité de celui qui accepte l'inconnaissabilité. Le moi retrouve alors sa nature essentielle qui est pur espace, pure vacuité.

À chaque instant nous créons notre réalité et nous la considérons comme la réalité, alors qu'il s'agit tout au plus de l'une des perceptions possibles d'un fragment du réel. Tant que nous nous accrochons à notre idée du réel, nous ne pouvons appréhender le caractère hautement inconnaissable et magique de la réalité. C'est pourquoi il est très important de méditer sur cet aspect insaisissable et invisible de l'air, de l'espace, du vide, du réel. Imaginez un instant, que nos yeux puissent percevoir d'autres fréquences lumineuses. Les rayons X, par exemple. Le monde extérieur nous apparaîtrait alors tout autre, nous baignerions dans un univers translucide, où toutes choses s'ajouteraient les unes aux autres par transparence, un peu comme des sons musicaux qui se mélangent. Imaginez cet environnement. Tout y serait différent, nos moeurs, nos comportements, notre personnalité, toute notre existence en serait profondément modifiée. Nous vivrions une autre réalité et pourtant, il s'agirait bien toujours du même monde, celui qui existe ici même à l'instant où j'écris ; seule notre relation au monde aurait changée. Il faut bien comprendre que le réel ne s'arrête pas là où nous cessons de le percevoir. Ce que nous montrent nos yeux ne sont que nos propres limites et non celles du réel. Si nous déplaçons ou si nous ouvrons ces limites, nos limites, notre conscience, notre vécu de la réalité se transforment totalement. Dans cet exemple des rayons X, il s'agit de nos limites physiologiques, limites qui peuvent être ouvertes par l'apport d'instruments optiques, mais dont l'ouverture ne s'actualise pas vraiment dans notre vécu quotidien, sans doute parce que les instruments qui la produisent ne nous accompagnent pas à chaque instant de notre vie, mais surtout parce que ces instruments servent de rallonges à l'oeil qui lui-même est un instrument et que cet ensemble instrumental est au service d'un esprit ayant lui aussi ses limites : limites culturelles, limites de la raison... C'est à ce niveau que nos limites doivent être ouvertes, pour changer radicalement notre conscience du réel. Ces limites, lorsqu'elles nous sont communes, sont extrêmement utiles, car elles maintiennent nos consciences en symbiose au même niveau de lecture du réel. Ainsi, vivant les uns les autres la même interprétation du monde, nous pouvons nous y rencontrer, communiquer, échanger des informations, agir ensemble, fabriquer un langage, une culture. Langage et culture qui, à leur tour, fabriquent nos limites. Les limites engendrent ce qui les engendre, le système se mord la queue, la boucle est bouclée et "ça" tourne... Ainsi, chaque jour, nous nous réveillons dans la même réalité que la veille. Cette chose-là est comme ceci et s'appelle comme ceci, cette autre comme cela et s'appelle comme cela. C'est du solide et du concret. Mais le travail du troisième aspect de l'entraînement en cinq points fait sauter ces sécurités. Dans la conscience ordinaire, nous payons le prix fort à ce confort, car dans le temps où nous maintenons cette réalité, cette réalité nous maintient à elle et nous y sommes à tel point assujettis, que nous oublions totalement que cette réalité usuelle n'est que la partie visible de l'iceberg, qu'elle fait partie d'un réel infiniment plus vaste qui ne s'arrête pas là où nous cessons de le percevoir et de le comprendre. Alors, oubliant cette totalité, nous sommes amenés à nier tout ce qui n'entre pas dans nos limites et surtout, tout ce qui pourrait les ébranler, nous ébranler. Il nous faut défendre notre territoire contre toutes ces "impossibilités" dérangeantes qui se trouvent de l'autre côté et qui cherchent à s'infiltrer par les failles de nos raisonnements, franchissant les portes de nos paradoxes, pour venir mettre la pagaille dans notre petit coin de réalité si bien ordonné. À chaque instant nous créons notre réalité et surtout, nous nous arrangeons pour REcréer la MEME réalité, ceci, afin de maintenir ces limites sécurisantes, maintenir notre réalité. Au fond, l'espace nous terrifie et nous cherchons à nous en protéger. Nous disposons pour cela d'une quantité de "trucs" et de "systèmes" servant à accommoder et assimiler le réel. Le travail du troisième principe de l'entraînement en cinq points porte donc également sur la méditation de ces "trucs" et leur mise en lumière.

La symbolique de l'air évoque également pour ce degré la notion de transparence. Il s'agit de rencontrer directement le réel, sans projection aucune du mental et de ses grilles de lecture. Certes, il n'est pas question à ce stade d'un Eveil total. Cependant, le travail effectué à ce niveau permet de découvrir un espace expérientiel porteur des qualités de l'Eveil et inducteur de claire vision.
Le troisième point permet donc d'éveiller les potentialités suivantes : transparence, responsabilité, inconnaissabilité, insaisissabilité, mobilité et non-enfermement dans les moules conceptuels, capacité de confondement et d'unité, vastitude et espace, renoncement au moi et acceptation profonde d'être solidaire du réel. Acceptation de ce qui est.

Au niveau du rituel, cet aspect de la pratique est également incarné par l'instructeur et peut s'exprimer de façons très variées. L'apprenti a 1'impression constante d'être perçu de l'intérieur. Il est sans cesse contrarié dans sa volonté de saisir et il lui semble que l'instructeur joue sur un registre totalement différent du sien, comme s'il se situait selon les perspectives d'une réalité autre. Le mystère et la magie que l'on ressent derrière le fonctionnement mental de l'instructeur font partie de ce troisième aspect de l'entraînement en cinq points. Pour l'apprenti, cela produit une sensation diffuse de menace pour ses schémas mentaux. Une peur inexplicable le secoue par moments. Il se sent nu, complètement mis à jour. L'instructeur est en possession des grilles de lecture de l'apprenti, et il les utilise bien mieux encore que l'apprenti lui-même. Par contre, aucune grille de lecture ne semble convenir pour l'instructeur qui demeure totalement inconnaissable, ce qui met l'apprenti dans une position assez délicate. À ce stade, l'apprenti se sent vraiment très vulnérable.

Dernière modification le : 20/04/2008 @ 17:12
Catégorie : L'Entraînement en cinq points

Rugissement

Comme se lève la brume par-dessus la cime des arbres, ainsi se réveille le Dragon qui s'étire sur Sa Terre.

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