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Vers la magie inconnue 6

Nous pouvons imaginer que tout ce processus doit passer par l'exercice, le fait de percevoir l'émergence de la pensée : plus nous serons conscient des pensées et des émotions qui se lèvent, moins celles-ci auront d'impact sur nous et plus nous pourrons les contrôler, pensons-nous. Mais s'il a son utilité, le pouvoir de l'exercice systématique a ses limites, tout autant que sa sphère d'action indispensable d'apprentissage. Nous nous rendons compte de la limite lorsque, par exemple, nous revenons à la vie quotidienne après une retraite de méditation où nous avons atteint une grande profondeur, à la fin d'une semaine de yoga oú notre conscience s'est étendue jusqu'à presque toucher le samadhi. Tant que nous sommes en retraite, cela nous semble tellement sublime. Mais lorsque nous revenons à la vie quotidienne, les problèmes semblent même empirer et les meilleures choses de la vie ne nous semblent plus assez bonnes au regard de l'expansion de conscience que nous avons expérimentée. C'est un autre genre de cercle vicieux.

Au-delà des pratiques et des états de conscience non-ordinaire, n'importe quel genre de processus - en incluant celui de devenir plus conscient - fait partie de l'illusionnement et de ce qui nous empêche d'être directement au contact de ce qui vient, là, tout de suite. Si nous sommes enfermés dans le cercle vicieux de procédures magiques manipulatrices et de spiritualités de bibliothécaire, le mieux est encore de reconnaître que tout ce que nous faisons consiste à nous distraire et à nous occuper avec quelque chose qui nous semble significatif, quand bien même ferions-nous l'éloge de la non-signification.

Nous ne pouvons avancer au-delà, sans cet instant de sincérité qui nous laisse sur le carreau. Une fois que nous lâchons vraiment prise et reconnaissons les interminables correctifs du mental pour ce qu'ils sont, nous entrons dans un autre monde, beaucoup plus direct et énergétique. C'est maintenant l'Inconnu qui est l'agent animateur, tandis que nous sommes l'animé. Nous ne pouvons plus continuer d'enquêter à partir d'une perspective conceptuelle localisée ou par la masturbation - plus conceptuelle encore - sur des symboles et courants historiques de l'ésotérisme. Nous ne pouvons plus nous nourrir d'absurdes cérémonies capables seulement de manipuler le mental sans jamais pouvoir en sortir et confortant toutes nos névroses. Les réponses doctrinales et téléologiques ne peuvent nous convenir davantage.

Dés lors, nous enquêtons plutôt selon une perspective non-localisée, ouverte aux feux de la transformation, bien que le moi psychologique tente de reconduire l'enquête sur son propre terrain, dans le domaine mental, ce qui d'ailleurs n'est plus du tout gênant puisque nous avons construit le pont vers l'autre rive. Par conséquent, nous ne nous connaissons plus par l'observation et l'accumulation inutile de savoirs, mais par la texture même de la vie, directement. Nous cessons de suivre le processus manipulateur et contrôleur de la vie, non comme résultat de notre effort, mais plutôt par l'épuisement de la séduction qu'il exerçait sur nous. En somme, nous ne nous contentons plus d'affirmer simplement que nous faisons ce qu'en réalité nous ne faisons pas.(...)

Pouvons-nous percevoir directement notre expérience sans tenter de la modifier, de la changer, de la conditionner ou de la manipuler ? Pouvons-nous nous rendre aux authentiques qualités qui se manifestent là, et permettre qu'elles agissent en nous ? Ces qualités traversent notre système, le balaient en emportant avec elles toutes les couches superflues du savoir et de l'accumulation d'expériences. (...)

Ce n'est qu'apparemment que nous acceptions tout ce qui accompagne le moi, c'est-à-dire la douleur inhérente à sa construction, le monde divisé et sans amour auquel il donne lieu, l'irréalité de nos projections mentales et toutes les illusions qui en proviennent, sans compter le mensonge éhonté de notre position. Car que se passe-t-il lorsque la phénoménologie de la vie nous frappe de circonstances qui nous dépassent véritablement ? L'acceptons-nous vraiment ou passons-nous notre temps à nous plaindre. À l'extrémité de cette perturbation de notre vision localisée se trouve notre propre mort, c'est-à-dire la cessation de toutes nos constructions, aussi bien de ce qui nous fait ressentir de l'attachement que du rejet. La perception du fait que la structure même de ce que nous sommes est mentale peut nous aider à voir notre propre mort ; car il n'est pas très difficile - encore que - de percevoir l'émergence et la dissolution des pensées. Cela n'entraîne pas nécessairement notre mort physique mais c'est un type de mort qui nous immerge dans la non-localité et le sentiment de notre manque de solidité réelle.

Si nous jetons tout ce que nous connaissons aux flammes de l'Inconnu, que nous reste-t-il alors ? Que peut atteindre réellement la connaissance et l'accumulation des savoirs ? Notre compréhension fonctionne parfaitement lorsqu'il s'agit d'affronter un monde que nous avons construit, mais pouvons-nous affronter un monde qui ne soit pas notre oeuvre ? Y a-t-il quelque chose, dans cette construction, qui soit capable d'assumer la perte de localisation ? Quoiqu'il en soit, à un moment donné, lorsque le corps disparaît et par conséquent, lorsque le domaine conceptuel ne peut plus être soutenu, ce que nous appelons le point de vue localisé cesse tout simplement.

Dans notre répertoire personnel, nous disposons tous de techniques permettant d'affronter les conflits émergeant dans notre vie. Mais existe-t-il un moyen de transcender complètement la situation, de nous rendre, de nous désister de toute l'histoire ? La réalité est très précisément Inconnue, pour la simple raison que notre instrument de connaissance fabrique une réalité personnelle et localisée inadaptée au mouvement de cette mer des possibles. Nous passons toute notre vie à créer notre propre histoire avant de découvrir soudain qu'en nous défaisant de toute cette construction, nous accédons à une dimension extrêmement puissante. Cet instant et le processus de la mort sont en vérité très semblables. Nous rencontrons toujours la mort à ce point. Et inversement, nous avons toujours la possibilité de nous rendre et nous abandonner totalement lorsque la mort se présente. La peur de la mort n'est d'ailleurs pas autre chose que la peur de cette vie/mort, d'instant en instant (...).

Toute notre magie et notre spiritualité peut être tournée vers la fuite de cette peur, de sorte qu'elle finit par se transformer en religion commerciale. Dans une revue récente consacrée à ces sujets, on peut admirer une page tout couleur montrant une délicate tasse de café au centre d'un jardin zen. Le texte affirme : "Il y a ceux qui méditent pendant des heures à la recherche de la paix intérieure et il y a ceux qui la trouvent instantanément : Sérénité, tranquillité, équilibre, tout est là, servi dans cette aromatique tasse de Nescafé". C'est un peu ce que nous avons crée collectivement à partir de nos enquêtes sur la nature de la vie : une tasse de Nescafé.

Et c'est évidemment ce que nous créons aussi en notre for intérieur, une sorte d'illumination, une gnose semblable à un produit de consommation. Cela ressemble toujours à une tasse de quelque chose qui va nous réconforter et nous apporter ce que nous voulons. L'Univers à notre service, semblablement à la nature exploitée sans vergogne par les hommes. Nous sommes très actifs à l'heure de tenter de créer ou de construire ces états qui permettent d'obtenir une tasse de quelque chose. Mais vient le moment où cette activité névrotique d'infantilisme post-moderne cesse de nous réconforter et c'est alors, et alors seulement, qu'apparaît face à nous la seule action qu'il nous soit possible d'accomplir en tant que sujet, c'est-à-dire la reddition et l'abandon de toute tentative de déterminer ou contrôler la vie, de nous localiser nous-même et de nous séquencer dans le temps. La sérénité et la tranquillité sont peut-être déjà inclues dans la tasse de café, mais c'est un cadeau de l'Univers et non le résultat promis par nos asanas tordues, nos masturbations symboliques, nos gnoses narcotiques ou nos efforts pour mettre en pratique le non-agir.

Nous tentons de nous rendre et nous abandonner à quelque chose mais la phrase "se rendre à..." n'a pas de fin. Lorsque nous rencontrons un maître, nous nous abandonnons à ce maître. Si nous rencontrons un système, nous nous y abandonnons, ou bien nous nous abandonnons à une méditation, à une expérience, une femme, un homme, peu importe de quoi il s'agit. Nous nous rendons à tout cela jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à quoi se rendre. Et alors, simplement nous nous rendons à... ce qui n'a pas d'étiquette et n'est aucun objet. Pas de promesse, pas de résultat, rien. Ce type de reddition est... la qualité que nous appelons réalité magique. Il ne s'agit pas d'un processus, d'une chose ou du résultat relevant d'une cause, il ne s'agit même pas d'une bonne tasse de café. Il ne s'agit pas de se rendre à quelque chose de particulier car nous parlons ici d'une reddition complète au potentiel illimité de la réalité magique, ou autrement dit, à ce qui vient là, maintenant, tout de suite.

Bien entendu, ceci implique la reddition de l'idée même de reddition. Il nous faut même abandonner cela, sans quoi, l'irrespect de cette double-négation nous conduirait techniquement et nécessairement, à retomber dans la causalité, à convertir cette reddition en une nouvelle identité, en une médaille d'honneur, en signe de maîtrise. Du coup la reddition cesserait sur le champ d'être authentique.

Cette reddition toujours neuve, vie/mort d'instant en instant, exige la pleine communication avec notre vie pour potentialiser ce qui vient, ce qui émerge du vaste océan des possibles.

Il ne s'agit pas d'une méthode. Ni d'une philosophie. Ce n'est pas un maître ni rien de similaire. Le mental conditionné n'a rien à voir avec une reddition réelle, porte ouverte à une liberté réelle. S'il n'y a pas de fin à la phrase "reddition à...", c'est qu'elle s'écroule sur elle même et que quelque chose de vraiment nouveau est maintenant possible. Rien d'autre n'est possible. Nous abandonnons en un clin d'oeil le monde de la forme et à peine parvenu au monde de la non-forme, la transformation alchimique nous révèle à l'instant que la forme n'était que l'énergie et la création de ce qui vient, la non-forme même. Et cet aller-retour, cet échange entre forme et non-forme, ce confondement est si vif et rapide que nous retournons aussi facilement au monde de la forme. Tout naturellement, au moment où implose le trou noir se crée un nouvel univers. Nous n'essayons pas d'abandonner la forme. C'est une erreur crasse de croire que nous avons échappé à la forme, au-delà du moi, pour découvrir un état de reddition qui, après l'avoir consommé, nous a procuré la transformation.

(...) Lorsque nous parlons de l'expérience de la vie, nous nous référons à des fragments définis comme si chacun d'entre eux était la totalité. Mais sous les feux de la transformation nous en venons à faire le contraire. Nous sommes la totalité et nous parlons, à partir d'elle, sur la fragmentation. Pouvons-nous percevoir la totalité en ce moment même et permettre que les mots émergent d'elle ? Pouvons-nous, ici et maintenant, sentir une connexion totale et la formuler en mots, en représentations symboliques ? Dans cette vastitude, notre réalité locale se convertit en instrument. C'est la vastitude qui se meut à travers nous et nous conduit au-delà même de nos capacités locales. Nous ne sommes plus que cet espace ouvert. Dans la réalité magique, n'importe quelle chose peut s'exprimer par notre intermédiaire, changeante, créative, surprenante, mobile. Cela met constamment nos capacités à l'épreuve. Peu importe ce que nous faisons car il nous est toujours demandé de faire plus. Peu importe ce que nous cessons de faire car il nous est toujours demandé de faire moins. Tel est le mode dont nous sommes utilisé, la façon toujours inconnaissable dont agit le flux magique à travers nous. Chaque fois que nous croyons découvrir une limite, nous sommes conduit à remarquer que la vie continue au-delà. Chaque fois que nous affirmons ne pas pouvoir plus, on exige davantage de nous. Et lorsque nous disons que ceci est le sentiment le plus profond que nous ayons jamais ressenti, quelque chose d'encore plus profond se manifeste et vient infirmer ce que nous venons d'affirmer. Nous nous rendons compte d'instant en instant que le principe du contrôle ne peut donc conduire qu'à un monde de déconnexion et c'est pourquoi nous nous ouvrons de plus en plus à l'espace infini des possibles : nous sommes cet espace.

Il y a quelque chose de vivant et d'intelligent à l'intérieur de nous qui, lorsque c'est nécessaire, génère automatiquement une perspective centrée sur le moi, bien que celle-ci puisse continuer de nous apparaître comme périphérique depuis la vision non-localisée, intégrée à un ensemble beaucoup plus vaste. De même, nous n'avons même pas besoin de supprimer les modalités les plus destructives de l'égocentrisme, puisqu'elles se révèlent d'elles-mêmes et que leur névrose contient une information très valable. Quand les rapports des uns avec les autres deviennent névrotiques, ils indiquent justement que la relation n'est pas construite sur des idées réellement libres. En l'absence de cette distorsion, nous ne disposerions justement pas de cette information. Si nous étions non-dualistes et pensions que tout est acceptable tel quel, ce genre de connexion n'aurait jamais lieu. Mais toutes les énergies et qualités sont une expression de la vie. Elles possèdent, inscrit en elles, leur mouvement nécessaire. Il ne s'agit donc pas simplement d'accepter la vie telle quelle tout en maintenant une position de témoin distant, il s'agit d'accepter la vie au plein contact de ce qu'elle est et de l'émergence de ce qui vient là, maintenant, tout de suite. Ce mouvement n'est donc pas seulement transcendant : il est transcendant et radicalement transformateur.

Dans la perspective du moi, nous pénétrons ici dans une atmosphère terrifiante, dans une atmosphère complètement tantrique. En revenant à la forme, ou plutôt en supprimant, par la double-négation, la dualité de la forme et de la non-forme, nous nous submergeons dans les énergies mêmes que nous avions tout le temps évitées. Toutefois, non seulement nous retournons maintenant à ces qualités, mais nous sommes elles. Il n'y a pas de séparation. La peur est la peur et l'extase est l'extase. Et ceci n'est pas exactement ce que nous attendions. La seule chose à laquelle nous aspirions était un peu d'extase contrôlée, ainsi que la capacité à amortir notre peur. Mais à cet instant la vie est exactement ce qu'elle est : une qualité énergétique pleine d'un bouillonnement infini. Sans avoir besoin de nous situer dans l'instant présent - chose que nous avons cultivée pendant des années - cette vie crée ce qui vient et émerge du champ de pure potentialité. Nous ne pouvons faire un pas en arrière, nous ne pouvons le définir, nous ne pouvons nous en séparer, nous ne pouvons le contrôler, nous ne pouvons nous en protéger, puisqu'il n'y a plus que cela et c'est ce que nous sommes.

Dernière modification le : 19/10/2015 @ 19:54
Catégorie : Magie Inconnue

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